Limitation à 80 km/h : un vrai changement ?

Pourquoi avoir réduit la vitesse à 80 km/h ?


Il faut savoir que la première cause des accidents mortels sur la route est la vitesse (31%). Les routes à double sens sans séparateur au centre sont les lieux d’accidents mortels les plus fréquents (55%).

Emmanuel Barbe, Délégué Interministériel à la sécurité routière, nous dit "Nous partons d'un postulat de nature scientifique : quand on arrive à faire baisser la vitesse, cela fait baisser le nombre de morts. Cela a été prouvé partout dans le monde".


Quels ont été les effets du passage à 80 km/h ?


En France, selon les résultats de 2018, le bilan des accidents mortels de la route relève 3 488 personnes, soit 196 de moins qu’en 2017.

D’après l’ONISR (Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière), la réduction de la vitesse à 80km/h, entrée en vigueur le 1er juillet 2018, aurait eu un véritable effet positif puisque 2018 est l’année qui compte le moins de morts sur la route.

On compte 127 vies sauvées au second semestre sur les routes hors agglomérations. Il y aurait certes plus d’accidents, mais moins de morts sur les routes.

Evolution de la mortalité routière
Source : Sécurité Routière

Vers un retour en arrière ?


Dans un second temps, les présidents de conseils départementaux auront le choix de laisser la limitation de vitesse à 80km/h ou de faire marche arrière en revenant à 90 km/h, le but étant de déconcentrer la décision.

De son côté, l’exécutif prépare le bilan du passage à 80km/h sur les routes secondaires prévu pour juillet 2020.


Nombreux débats sont menés autour de la question des procès verbaux, certains espérant faire annuler leurs contraventions pour excès de vitesse. Pourtant, le ministère de l’Intérieur affirme qu’il n’y aura aucune annulation de contraventions en raison d’une remontée de la vitesse à 90km/h.


Selon la Sécurité Routière, les chiffres historiques de 2018 se verraient fragilisés par un retour en arrière à la limitation à 90 km/h.


Des perturbations extérieures


Emmanuel Barbe explique sur Franceinfo que ceux qui ont détruit les radars sur les routes suite à la limitation de vitesse à 80km/h ont une responsabilité dans la hausse des accidents sur la route. Lorsque les radars ont été détruits et abîmés dans le cadre du mouvement des gilets jaunes, “les excès de vitesse ont été multipliés par quatre en décembre sur le réseau 80 km/h”. Par conséquent, on relève une hausse des morts significative à cette période, mais l’effet de baisse des vitesses perdure.


Il faut noter que notre perception des choses quant à la perte de temps en réduisant notre vitesse de 10 km/h serait faussée et ne représenterait pas la réalité. En effet, comme le dit Emmanuel Barbe dans une interview pour RTL, rouler à 80 km/h au lieu de 90 km/h ne nous ferait perdre qu’une seule seconde par kilomètre, une perte de temps négligeable.


Sources

ONISR - 19/05/2019 - Bilan 2018 de la sécurité routière
Franceinfo - 19/04/2019 - Mortalité routière : Emmanuel Barbe appelle “ceux qui cassent les radars” à être “conscients de leurs responsabilités”